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Le vin genevois, c’est aussi la terre!

3ème canton viticole du pays, Genève est réputée pour la diversité et la qualité de ses vins rouges et blancs. La terre genevoise, ses reliefs et microclimats sont de réels atouts pour la plantation de nombreux cépages tels que le gamay, le pinot noir et le gamaret, pour les vins rouges, ou le chasselas, le chardonnay et le pinot noir, pour les vins blancs. Laissons-nous surprendre par le vin genevois, sa terre et découvrons les secrets de cet environnement naturel.

Le vin genevois et sa terre: une histoire millénaire

Entre villes et campagnes, les vignobles genevois étoffent le territoire cantonal du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Sur une surface d’environ 1400 hectares, ils se répartissent entre trois zones:

  • Le Mandement, soit la rive droite du Rhône (Satigny, Russin et Dardagny, les communes de Genthod et Collex-Bossy)
  • L’Arve et Rhône (Bernex, Lully, Soral et Laconnex)
  • La rive gauche du lac Léman (de Cologny à Hermance).

Situés entre le massif du Jura et les Préalpes et à proximité du lac Léman et du Rhône, les vignobles genevois reposent sur des sols formés il y a des millions d’années.

Le bassin molassique, vieux de 24 millions d’années

Le bassin molassique est vieux d’il y a quelque 24 millions d’années. Nous sommes alors à l’époque tertiaire. Le massif du Jura ne s’est pas encore élevé. En revanche, les Alpes sont bien là. La chaîne montagneuse soufflée par les pluies et les vents laisse échapper des roches qui filent dans les rivières puis viennent se déposer dans l’avant-pays (bassin sédimentaire qui se développe à côté d’une chaîne de montagnes). Ces roches se nomment «molasses» et servent aujourd’hui encore de base solide au sol du bassin genevois.

La moraine et les sédiments glacio-lacustres, retour au temps du glacier du Rhône

Le substrat qui se couche au-dessus de la molasse est, quant à lui, bien plus récent, 12 000 ans seulement ! Cette époque marque le retrait du glacier du Rhône. Imaginez que ce dernier, pouvant atteindre plus de 1000 mètres d’épaisseur dans la région genevoise, coupait le Léman actuel pour terminer sa langue dans la région lyonnaise.

Durant ses périodes de retrait, il laisse sur son passage des dépôts glaciaires appelés les moraines. D’autres dépôts sont charriés par les torrents ou les lacs qui se créent au passage du retrait du glacier, on parle alors de dépôts glacio-lacustres et fluvio-glaciaires.

Les moraines forment la majeure partie du substrat géologique des sols viticoles genevois. Elles sont calcaires, argileuses et riches en limons. Les dépôts glacio-lacustres se retrouvent dans les régions de Russin, Dardagny, Soral et Avully, ou plus localement entre l’Arve et le lac Léman.

Les vignes sont ainsi plantées sur des sols d’exception plus ou moins profonds et argilo-calcaires. Ils sont aussi plus ou moins alimentés en eau par les couches hydriques qu’ils enserrent.

Le vin genevois et sa terre: un caractère issus de terroirs argilo-calcaires d’exception

Tous ces ingrédients naturels associés aux techniques culturales et de vinification donnent à chaque vin sa marque de fabrique. Même lorsqu’il s’agit d’un même cépage, il est ainsi possible de différencier un vin d’un autre et de déceler en chacun un unique cachet. Ainsi, le Premier cru des côtes du Russin et les Belles Filles AOC, issus du même cépage : le gamay, se rapprochent par leurs arômes gourmands à base de fruits rouges. Cependant, la composition de leurs sols respectifs les différencient et offrent au premier une entrée de jeu plus vive. Alors que le second se démarque par des notes plus poivrées et un caractère plus frais. 

Le vin genevois et sa terre: ses reliefs sont sources d’expérimentation

Par ailleurs, le vignoble genevois est structuré en parcelles. Grâce à son relief, présent mais pas trop abrupt, les viticulteurs ont pu développer la mécanisation viticole. Un vrai atout pour ce vignoble en plein essor. C’est d’ailleurs, souvent dans ce canton, que sont testés de nouveaux cépages ou de nouvelles techniques œnologiques, comme le passerillage. Cette technique ancienne consiste à faire sécher les raisins à l’air libre. Les grappes sont exposées au soleil et au vent entraînant l’évaporation de l’eau et une concentration des sucres. Cette méthode de surmaturation est particulièrement utilisée pour les vins liquoreux et permet aussi de protéger les raisins des intempéries.

Légèrement en hauteur, à des altitudes comprises entre 395 et 505 m*, les vignobles genevois se caractérisent par leurs reliefs. Dans la région du Russin, par exemple, la déclivité des terrains argilo-calcaires offre une meilleure irrigation du sol.

Les microclimats du Canton de Genève

Des hivers froids, des étés chauds, le climat tempéré genevois est connu pour être propice à la décarbonatation, c’est-à-dire la dissolution des carbonates du sol par les eaux pluviales, ainsi qu’à la brunification qui permet au sol d’être doté d’un complexe argilo-humique. Ces processus de transformation sont essentiels au bon développement des cultures et offrent des caractéristiques particulières aux raisins. La présence des hautes et moyennes montagnes ainsi que du lac Léman, du Rhône et en amont de l’Arve favorisent la création d’une mosaïque de microclimats. Ces conditions favorables jouent un rôle important dans la maturation des grappes.

En hiver, le lac Léman est un vrai plus pour les viticulteurs qui misent sur l’aspersion d’eau pour protéger les arbres du gel hivernal. En effet, l’eau aspergée sur les plants forme une couche de glace qui abrite les bourgeons ou les très jeunes fruits.

Les vins genevois profitent d’une terre riche, de microclimats et de légers reliefs qui favorisent la mise en place des techniques viticoles modernes. Découvrez sans plus attendre comment cette diversité est mise en avant au sein des gammes de La Cave de Genève. 

*Carte des sols viticoles genevois: vers une utilisation pratique S. BURGOS, N. DAKHEL, M. DOCOURT et J.-J. SCHWARZ, Ecole d’ingénieurs de Changins, 1260 Nyon

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